Des ateliers de musicothérapie pour les jeunes autistes

L' autisme en quelques mots

L'Organisation Mondiale de la Santé donne cette définition de l'autisme :  « trouble envahissant du développement ». Il affecte la majeure partie du fonctionnement cognitif, émotionnel et social.

« Autisme signifie littéralement que le sujet vit en fonction de son propre « soi ». Pour l'observateur, un enfant autistique paraît centré sur lui-même puisqu'il montre peu de réactions au monde extérieur. Cependant, ce qui peut sembler paradoxal c'est que l'enfant qui est dans une telle situation a très peu conscience d'être un « soi » ». Car, « l'autisme est un état qui s'oppose à la pensée ».

>>>  Aussi les ateliers de musicothérapie proposent :

  • Aménager un lien
  • Un bain musical
  • Un bain mélodique
  • Rendre possible le jeu

Merci de bien vouloir descendre dans cette page pour vous reporter au paragraphe concerné.
_____________________________________________________________

Aménager un lien

L'idée des ateliers de musicothérapie est de tenter d'ouvrir les jeunes au monde des sons, de les sensibiliser à la mélodie et au rythme mais dans l'espoir que la musique traverse leur « coquille » et puisse les amener à aménager un lien. Un lien entre eux et le musicothérapeute, un lien entre eux-mêmes (pour les groupes), un lien qui peut nous amener à jouer ensemble, à partager, à passer un moment calme ensemble.

Il s'agit de se servir de la musique comme un moyen de rencontre et d'échange, comme une aire d'expérience.

Pour ces jeunes autistes, l'atelier de musicothérapie peut aussi les aider à mettre en place un début de structure en donnant des repères de temps, de sonorités, de timbre, un apprivoisement de l'univers sonore.

_____________________________________________________________

Un bain musical

Par ailleurs, l'écoute musicale en groupe (enfants et adultes) est « une expérience émotionnelle (et esthétique) partagée ». Elle permet d'éprouver cette « capacité à être seul en présence de l'autre » introduite par Winnicott. Et, ces jeunes nous montrent, par moments, cette capacité d'entendre la musique sans avoir recours à un symbole maternel ou à des stéréotypies.

Cette écoute musicale par les qualités sensorielles, physiques et motrices de la musique est un véritable « contenant sonore », un « holding ». De plus, le musicothérapeute accompagne ce bain musical enveloppant par la qualité de son regard, de son écoute et par ses réponses données aux sollicitations des jeunes.

_____________________________________________________________

Un bain mélodique

Le bain mélodique : la voix de la mère, ses chansons, la musique qu'elle fait écouter est le premier miroir, un «premier miroir sonore », avant que son regard ne soit aussi un miroir pour le bébé.

C'est la raison pour laquelle le musicothérapeute s'efforce de recevoir les jeunes autistes dans leur propre voix, dans leur manière de se dire et de communiquer et, reprend leurs émissions vocales afin de leur donner un sens, d'ouvrir des canaux de communication et de tenter d'établir des liens. C'est une forme de « baby talk » mais, je préfère parler de « productions vocales en imitation ». A travers ces « productions vocales en imitation » ils reçoivent ainsi un « bain de langage » ce qui instaure une relation à la fois fusionnelle et d'altérité. La voix est essentielle car elle permet de prendre sa place.

Par ailleurs, le thérapeute chante des berceuses qui contribuent à créer une enveloppe maternante, contenante. Une enveloppe sonore qui organise un espace sonore, un espace psychique. Car, les berceuses calment, apaisent. La musique syncopée exprime le besoin de retour à un monde de sécurité maternelle.

_____________________________________________________________

Rendre possible le jeu

L'une des principales caractéristiques des enfants autistes est qu'ils ne peuvent pas jouer.

Il s'agit de leur donner la capacité de jouer grâce notamment aux comptines enfantines. En effet, les comptines ou ritournelles sont universelles et permanentes à travers les âges. Elles ont en commun le rythme et les sonorités, les mots enfantins et l'intonation maternelle, ainsi que l'échange corporel entre la mère et l'enfant.

Grâce à ces jeux de nourrice, un début de complicité peut s'installer entre les enfants et le thérapeute.

D'autre part, l'invitation à produire des sons par l'intermédiaire de petites percussions est aussi une proposition de jeu. Mais, les jeunes peuvent montrer des réticences à se servir des instruments de musique. Ces petites percussions les inquiètent. Parfois, certains peuvent même se sentir persécutés. D'autres, ne les perçoivent pas comme des objets sonores. Ils sont dénués d'une représentation, ils n'ont pas de sens. C'est alors l'occasion de travailler à la rencontre de l'altérité, du « non-je ».